Marché de l'emploi

Le chômage monte à 8,3%, au plus haut depuis l’automne 2020

Le taux publié par l’Insee dépend de ce qu’on compte : définition du BIT, Mayotte intégrée, halo du chômage. Ce qui change pour qui cherche un emploi.

Simon Vaillant Par Simon Vaillant
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Le chômage monte à 8,3%, au plus haut depuis l’automne 2020
Avec un chômage à 8,3 %, préparer sa candidature devient un enjeu pour davantage de personnes.

Le taux de chômage en France s’établit à 8,3 % au deuxième trimestre 2026, en hausse de 0,2 point, selon l’Insee, qui l’a publié le vendredi 7 août. Ce chiffre ne mesure pas seulement le nombre d’emplois disponibles : il dépend de la manière dont on compte les personnes qui en cherchent un, et c’est ce qui change la lecture pour qui prépare une recherche ou une évolution.

En bref

  • Pour retrouver un taux aussi élevé, il faut remonter à l’automne 2020, période marquée par la crise sanitaire.
  • L’Insee indique : « Ce nombre est quasi stable sur le trimestre » (+6 000).
  • Pour un lecteur qui envisage une formation ou une réorientation, ces trois secteurs sont ceux que le ministre a nommés au sujet des compétences attendues par les entreprises.

Un sommet depuis la crise sanitaire, loin du pic de 2015

8,3 %taux de chômage au deuxième trimestre 2026
+0,2 pointsur un trimestre
2,7 millionschômeurs au sens du BIT
+62 000sur le trimestre

Pour retrouver un taux aussi élevé, il faut remonter à l’automne 2020, période marquée par la crise sanitaire. Selon Le Monde, l’Insee précise que le niveau est le plus haut depuis le troisième trimestre 2020 et, avant cela, depuis le troisième trimestre 2019. Le taux demeure toutefois nettement sous son pic de la mi-2015, avec un écart de 2,2 points.

La publication s’accompagne d’un changement de périmètre : Mayotte est désormais incluse, et toutes les séries ont été recalculées sur ce champ élargi afin de rester comparables d’une période à l’autre. D’après l’Insee, cette intégration ne modifie qu’à la marge les niveaux et les évolutions.

Chômeur, halo, inscrit : ne pas tout confondre

L’Insee applique la définition du Bureau international du travail : le chômeur est une personne sans emploi qui en recherche un activement. Sur le trimestre, leur nombre a augmenté de 62 000 pour atteindre 2,7 millions. Ce décompte n’est pas celui des inscrits à France Travail, qui obéit à une logique administrative ; nous avons examiné cette autre mesure dans notre analyse des chiffres des demandeurs d’emploi.

Autrement dit, le halo n’a presque pas bougé, alors que le nombre de personnes recherchant activement un poste a progressé.

Les écarts selon l’âge

Le taux augmente dans toutes les tranches d’âge, avec des niveaux très différents.

Tranche d’âge Taux Variation Repère
15-24 ans 21,6 % +0,4 point rebond sur le trimestre
25-49 ans 7,5 % +0,2 point plus haut depuis le premier trimestre 2021
50 ans et plus 5,5 % +0,3 point plus haut depuis le premier trimestre 2022

Les 15-24 ans affichent le taux le plus élevé. Chez les seniors, la hausse de 0,3 point dépasse celle des 25-49 ans, qui est de 0,2 point.

Le rôle de la réforme du plein emploi

L’Insee attribue près de la moitié de la hausse du taux à deux publics, les allocataires du RSA et les 15-29 ans, depuis l’entrée en vigueur en janvier 2025 de la loi dite « plein emploi ». Cette réforme prévoit leur inscription automatique sur les listes des demandeurs d’emploi. Une partie de la hausse tient donc aux règles d’enregistrement et pas uniquement à l’état de l’emploi.

Les priorités du ministre du Travail

Le ministre du Travail, Jean-Pierre Farandou, a commenté ces chiffres dans un communiqué, rapporté par CNews : « Malgré un contexte économique difficile, le marché du travail français résiste. Notre responsabilité est de poursuivre cette dynamique en relevant les trois grands défis de l’emploi ».

Il a ensuite détaillé trois chantiers :

  • aider les jeunes à entrer sur le marché du travail ;
  • garder en poste les salariés les plus expérimentés ;
  • rapprocher les compétences disponibles de ce que recherchent les employeurs, en particulier dans le nucléaire, la transition écologique et l’industrie de défense.

Pour un lecteur qui envisage une formation ou une réorientation, ces trois secteurs sont ceux que le ministre a nommés au sujet des compétences attendues par les entreprises.

Photo à la une. Source : Pexels. Photographe : Lukas Blazek. Licence Pexels.

Simon Vaillant

Carrière, réorientation, emploi et marché du travail

Simon Vaillant

Simon Vaillant a été responsable des ressources humaines dans des entreprises industrielles de l'Est pendant plus de vingt ans. Il écrit pour Nouvelles Carrières sur la gestion de carrière : entretiens annuels, promotions, formation, négociation salariale. Ses conseils partent de situations qu'il a vues de l'autre côté du bureau. Il randonne dans les Vosges avec son chien.