Marché de l'emploi

Lire les chiffres des demandeurs d’emploi au deuxième trimestre 2026

Le nombre de demandeurs d’emploi sans activité a progressé de 0,8 % au deuxième trimestre 2026, à 3 323 000. Les données corrigées des effets administratifs conduisent toutefois à une lecture différente de l’évolution du marché du travail.

Lire les chiffres des demandeurs d’emploi au deuxième trimestre 2026
Photo d’illustration de travail sur documents, sans identifier une agence ni présenter cette personne comme demandeuse d’emploi.

Le nombre de demandeurs d’emploi inscrits à France Travail sans aucune activité, classés en catégorie A, a augmenté de 0,8 % au deuxième trimestre 2026. Il atteint en moyenne 3 323 000 personnes en France hors Mayotte. Ces données sont corrigées des variations saisonnières et des jours ouvrables, dites CVS-CJO, mais restent affectées par les changements administratifs intervenus depuis 2025.

En bref

  • Le nombre de demandeurs d’emploi inscrits à France Travail sans aucune activité, classés en catégorie A, a augmenté de 0,8 % au deuxième trimestre 2026.
  • Sur un an, l’ensemble des catégories A, B et C progresse de 3,2 % sur le champ complet publié, sans neutralisation des effets administratifs.
  • Les données du deuxième trimestre distinguent la hausse publiée des inscriptions et l’estimation corrigée de la catégorie A.
  • L’estimation complémentaire neutralise aussi des effets administratifs pour mieux éclairer la conjoncture.

La correction CVS-CJO doit être distinguée de l’exclusion des nouveaux publics et de la neutralisation des effets administratifs. Elle permet de distinguer l’évolution du nombre d’inscrits de celle qui peut être associée à la conjoncture du marché de l’emploi. Cette nuance concerne directement les personnes qui suivent le marché de l’emploi et cherchent à comprendre ce que recouvre réellement la hausse annoncée.

3 323 000 demandeurs d’emploi sans activité

La catégorie A regroupe les demandeurs d’emploi inscrits à France Travail qui n’ont exercé aucune activité pendant la période observée. Leur nombre a progressé de 0,8 % entre le premier et le deuxième trimestre 2026, pour atteindre 3 323 000. Cette variation ne doit pas être qualifiée de brute au sens statistique. Les deux évolutions ne peuvent pas être lues indépendamment des modifications administratives qui affectent les séries depuis 2025.

Sur un an, la catégorie A progresse de 3,1 % sur le champ complet publié, sans neutralisation des effets administratifs. Ce taux annuel concerne l’ensemble des inscrits en catégorie A sur le champ publié ; il ne décrit pas séparément la situation d’une tranche d’âge.

Le nombre d’inscrits en catégorie A ne correspond pas automatiquement au nombre de chômeurs au sens du Bureau international du Travail. Les deux mesures ne reposent pas sur la même définition ni sur la même méthode statistique. Une hausse des inscriptions en catégorie A doit donc être présentée comme une évolution administrative et statistique précise, sans être assimilée directement à l’ensemble du chômage.

Une hausse plus importante avec les catégories B et C

La mesure s’élargit lorsque les catégories B et C sont ajoutées à la catégorie A. Elle inclut les inscrits en activité réduite, tenus de rechercher un emploi. Le total moyen atteint 5 801 500 personnes au deuxième trimestre 2026, en hausse de 1,3 % sur le champ complet publié.

Ce total ne désigne donc pas uniquement des personnes sans activité. La catégorie A rassemble les inscrits n’ayant pas travaillé pendant la période, tandis que les catégories B et C intègrent des situations d’activité réduite. Cette distinction évite de présenter les 5 801 500 inscrits comme une population aux situations professionnelles identiques.

Une personne examine des documents avec un stylo près d’un ordinateur portable.
Cette consultation de documents illustre un cadre de travail, sans identifier une agence ni le statut professionnel de la personne. Source: Pexels. Attribution: RDNE Stock project. Licence: Pexels License.

Sur un an, l’ensemble des catégories A, B et C progresse de 3,2 % sur le champ complet publié, sans neutralisation des effets administratifs. Cette évolution annuelle porte sur l’ensemble des inscrits dans ces trois catégories, sans distinction d’âge. Ces résultats décrivent les inscriptions enregistrées dans les différentes catégories de France Travail. Ils ne permettent pas, sans autre indicateur, de mesurer les chances individuelles de retrouver un emploi ni de tirer une conclusion générale sur les parcours professionnels.

Les corrections administratives modifient la lecture

Depuis janvier 2025, l’inscription automatique de nouveaux publics, notamment des allocataires du revenu de solidarité active, modifie le périmètre des personnes enregistrées à France Travail. Le changement du régime de sanctions en juin 2025, qui privilégie une suspension-remobilisation avant une éventuelle radiation, affecte également la comparaison des données. Ces changements peuvent faire varier le nombre d’inscrits sans traduire mécaniquement une évolution identique de la situation de chaque demandeur d’emploi.

Hors bénéficiaires du RSA et jeunes en Pacea, CEJ ou AIJ, la catégorie A recule de 0,1 % au deuxième trimestre. Après neutralisation supplémentaire des effets administratifs, la Dares estime ce recul à 0,2 %, après 2,4 % au premier trimestre.

Pour les catégories A, B et C, la hausse est de 0,5 % hors bénéficiaires du RSA et jeunes en parcours. Sur ce champ, la Dares estime la progression à 0,4 % après neutralisation supplémentaire des effets administratifs, contre 1,3 % sur le champ complet.

Deux lectures à maintenir distinctes

Les données du deuxième trimestre distinguent la hausse publiée des inscriptions et l’estimation corrigée de la catégorie A. La progression de 0,8 % reste ainsi la variation observée sur le périmètre publié, tandis que la baisse de 0,2 % cherche à neutraliser certains effets administratifs. Ces deux résultats ne se contredisent pas : ils répondent à des périmètres différents.

La même distinction s’applique à l’ensemble des catégories A, B et C. La hausse publiée de 1,3 % se distingue de l’estimation de 0,4 % hors nouveaux publics et après neutralisation des effets administratifs. La série publiée est déjà CVS-CJO. L’estimation complémentaire neutralise aussi des effets administratifs pour mieux éclairer la conjoncture.

La hausse publiée ne suffit donc pas, à elle seule, à établir un retournement du marché du travail. Elle signale une progression des inscriptions au deuxième trimestre, tandis que les corrections administratives conduisent à une évolution différente. L’écart entre ces deux lectures doit être conservé pour interpréter les chiffres sans confondre inscription à France Travail, activité réduite et chômage mesuré selon une autre définition.

Photo à la une. Source: Pexels. Attribution: George Pak. Licence: Pexels License.

Simon Vaillant

À propos de la signature

Simon Vaillant

Simon Vaillant suit pour Nouvelles Carrières les axes « la gestion de carrière » et « la réorientation ». Ce périmètre s'inscrit dans la ligne du média, qui couvre la gestion de carrière, la réorientation et le marché de l’emploi, avec un intérêt éditorial particulier pour « le marché de l’emploi ». Ses articles privilégient une écriture factuelle qui distingue les annonces, les faits établis et l'analyse.