Évaluer son marché avant une évolution professionnelle
Avant de changer de poste ou de métier, il faut savoir si son profil intéresse vraiment les employeurs. Méthode simple pour situer son projet et éviter les erreurs courantes.
Changer de poste, viser une promotion ou se reconvertir : toutes ces envies supposent de répondre à une question qu’on oublie souvent de poser, celle de la demande. Avant de se lancer, il est utile de savoir si votre profil intéresse réellement les employeurs, dans quelle région, à quelles conditions et avec quelles attentes. C’est ce qu’on appelle évaluer son marché.
En bref
- Avant de se lancer, il est utile de savoir si votre profil intéresse réellement les employeurs, dans quelle région, à quelles conditions et avec quelles attentes.
- À l’inverse, si une compétence que vous possédez n’apparaît presque jamais, elle sera peut-être à mettre en avant autrement, ou à ne pas placer au centre de votre pitch.
- Refaire ce travail régulièrement, même sans projet immédiat, aide à garder une vision réaliste de sa valeur sur le marché et à saisir les occasions au bon moment.
Ce que recouvre le marché d’un professionnel
Le marché n’est pas un chiffre unique. C’est l’ensemble des entreprises, des secteurs et des zones géographiques susceptibles d’avoir besoin de vos compétences. Il comprend aussi le niveau de rémunération habituellement proposé pour des postes comparables, les profils concurrents et les évolutions qui touchent votre métier. Deux personnes qui exercent la même fonction peuvent avoir des marchés très différents, selon leur spécialité, leur expérience ou leur localisation.
Des organismes spécialisés dans l’emploi des cadres, comme l’Apec, mettent à disposition des repères et des outils pour aider chacun à situer son projet. Ils ne remplacent pas une réflexion personnelle, mais ils donnent un point d’appui plus solide que l’intuition.
Partir des annonces pour lire la demande
Les offres d’emploi sont la première source d’information. En parcourant une vingtaine d’annonces correspondant au poste visé, on repère vite les compétences qui reviennent, les outils attendus, les niveaux d’expérience demandés et les intitulés les plus courants. Cette lecture sert à vérifier que votre vocabulaire est bien celui du marché, ce qui facilite ensuite vos candidatures et vos recherches.
Notez aussi ce qui manque. Si plusieurs annonces exigent une compétence que vous ne maîtrisez pas, vous tenez une piste de formation. À l’inverse, si une compétence que vous possédez n’apparaît presque jamais, elle sera peut-être à mettre en avant autrement, ou à ne pas placer au centre de votre pitch.
Compléter avec des conversations
Les annonces ne disent pas tout. Elles ne racontent ni les recrutements qui se font par réseau, ni les besoins qui n’ont pas encore été publiés. Quelques échanges avec des professionnels du secteur, d’anciens collègues ou des recruteurs apportent une nuance précieuse. Posez des questions simples : quels profils sont recherchés, quelles évolutions de métier se dessinent, quelles qualités font la différence lors d’un entretien.
Ces discussions permettent aussi de tester votre projet à voix haute. Si votre récit ne convainc pas un interlocuteur bienveillant, il aura du mal à convaincre un jury de recrutement.
Comparer rémunérations et conditions
Se situer, c’est aussi se demander à quoi correspond une offre raisonnable. Les fourchettes de salaire varient selon la taille de l’entreprise, le secteur, la région et le niveau de responsabilité. Les comparer à partir de plusieurs sources évite de s’appuyer sur un cas isolé. Pour les indépendants, le raisonnement est le même avec le tarif journalier, à rapprocher des charges, des périodes sans mission et du temps passé à chercher des clients.
Les erreurs à éviter
- confondre ce que vous aimeriez faire avec ce que le marché demande, sans jamais les confronter ;
- se baser sur un seul indicateur, une seule annonce ou un seul avis ;
- attendre d’avoir tout analysé pour agir, alors que quelques candidatures ou entretiens exploratoires apprennent plus qu’un long tableau ;
- négliger sa zone géographique ou sa mobilité, qui pèsent souvent lourd dans la balance.
Transformer l’analyse en décision
Une fois les informations réunies, il reste à les traduire en choix. Un marché porteur ne garantit pas un poste, et un marché étroit n’interdit pas une belle trajectoire. L’objectif est d’avancer en connaissance de cause : ajuster son discours, combler un manque de compétence, élargir sa recherche ou, au contraire, la resserrer. Refaire ce travail régulièrement, même sans projet immédiat, aide à garder une vision réaliste de sa valeur sur le marché et à saisir les occasions au bon moment.
Photo à la une. Source : Pexels. Photographe : Jess Bailey Designs. Licence Pexels.
